UE 5Depuis toujours, on polémique chaque année à Bruxelles sur quelques maigres pourcentages d’augmentation du budget européen. Mais le roi Coronavirus peut tout, puisque, en ce moment, on évoque un quasi doublement de ce budget.

Le programme conjoncturel européen de 750 Mrds €, proposé pour faire face aux conséquences de la crise actuelle, bénéficiera notamment à l’agriculture, avec 15 Mrds € qui doivent aller aux fonds de développement rural. Pour le budget agricole lui-même, les diminutions disparaissent et on augmente ainsi la partie développement rural qui devait être ponctionnée avant la pandémie.

Dans les propositions budgétaires pluriannuelles de la Commission européenne, l’agriculture serait dotée de 290,7 Mrds €. Pour les aides directes et les dépenses de marchés, 54,5 Mrds € de plus que dans le budget 2018 sont prévus, en prix courants ; pour le développement rural +5,44 Mrds € en prix courants ; auxquels s’ajoutent 16,4 Mrds € en prix courants du fonds Corona sous le titre « New Generation UE ».

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Allemagne:  tous étaient au courant !

Subitement les politiques allemands veulent faire le ménage dans les abattoirs, et sur le champ ! Tous trouvent la situation « effrayante », selon le mot choisi par la Chancelière ! Mais tous étaient au courant depuis au moins une décennie de l’existence des travailleurs détachés dans les abattoirs, des concessionnaires exploiteurs de ce type très douteux d’externalisation du travail.

Tous étaient au courant des prix du dumping sur les viandes offerts grâce à cette sous-évaluation de la main d’œuvre. On est tout simplement devant l’une des grandes hypocrisies de cette filière allemande… mais elle est loin d’être la seule !

Sans vouloir remonter trop loin, rappelons qu’en juillet 2014 la branche viandes a signé un code de bonne conduite, et d’autocontrôle, en s’obligeant à respecter les standards sociaux en vigueur, pour le travail et dans les logements des travailleurs détachés.

Les six grands industriels de la viande l’ont signé pour tous, devant le ministre de l’économie de la même grande coalition, sous conduite de la même chancelière.    Résultats : zéro.

En septembre 2015, la branche a signé un engagement volontaire contre le dumping social. Selon cet engagement tous les salariés auraient dû être engagés directement par les entreprises, et rejoindre d’ici juillet 2016les régimes sociaux en vigueur en Allemagne. Tous les grands l’ont signée, et les ministres se sont glorifiés « d’un pas de géant ».
Résultats : pas grand-chose

En 2017 le Bundestag a voté un texte de loi pour garantir les droits des salariés dans l’économie de la viande, toujours sous le règne de la même Angela Merkel, chancelière depuis 2005.
Résultats : nuls

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désossVDV, la Fédération de l’industrie de la viande (Verband der Fleischwirtschaft), a soumis in extremis au gouvernement un plan en 5 points, pour éviter une application plus brutale des décisions gouvernementales en préparation. Le ministre du travail Hubertus Heil avait annoncé vouloir en finir avec le travail détaché et fixer des pénalités à 30 000 € en cas d’infraction. 

En gros, il s’agit d’appliquer obligatoirement ce qui a été convenu en 2014 et en 2015 comme engagements volontaires des entreprises, concernant les conditions d’emploi et de logement des travailleurs détachés.

On l’a bien compris ; le pire pour VDV serait une interdiction des détachements de travailleurs dans la seule branche de la viande.

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abattoirEn Allemagne, après Muller Fleisch à Birkenfeld en Bade-Wurtemberg, Vion à Bad Barmstedt (Schleswig-Holstein) (109 infections), c’est maintenant Westfleich qui doit fermer l’abattoir de Coesfeld en Nordrhein-Westfalen, où 129 salariés sont contaminés sur 1200.

Du coup, tous les salariés des abattoirs de Rhénanie du Nord-Westphalie seront testés. Les abattoirs réagissent différemment à la pandémie. Certains ont essayé de prolonger leur activité, mais ils doivent finir par arrêter leurs chaines, d’autres ont immédiatement appuyé sur le bouton Stop.

Mais on commence à dire que des salariés mis à pied ou licenciés cherchent (et trouvent rapidement) un autre travail dans une autre usine, et transmettent ainsi le virus à travers le pays. 

En Espagne, le grand abattoir Literia Meat à Huesca, réduit ses capacités après que 200 salariés aient été touchés par le virus. Il doit essuyer des protestations contre l’absence de protection des salariés.

Aux USA 20 % de fortes capacités d’abattage seraient à l’arrêt. Parmi les grands, Smithfield Foods, filiale du groupe chinois WH, qui avait fermé l’abattoir de Sioux Falls en Dakota, le rouvre près les injonctions de Trump et malgré 850 salariés testés positifs.
Tison Foods relance la production à Longport en Indiana, malgré 900 infections. Le CDC, Centers for Disease Control and Prevention, estime que dans le secteur de la viande environ 5 000 salariés sont infectés par le virus.

En Australie Cedar Meat, avec 400 salariés, vient de fermer après qu’une forte proportion de ses salariés ait été infectée.
Au Brésil il y aurait quelques centaines d’infections chez des salariés d’abattoirs

La question des conditions de travail dans les abattoirs allemandes revient aussi au premier plan.

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