Vallat 1Bernard Vallat, qui fut directeur de l’Office International des Epizooties de 2000 à 2015, vient d’être réélu (fin juin) président de la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT). Il a donné au bimestriel Paysans & Société, numéro juillet-août, et à notre éminent confrère (…et bien aimé gérant de la Socopag) Michel Bourdoncle un long entretien sur les problèmes posés par la pandémie de Covid-19 et plus généralement sur le concept de santé globale dont il est l’un des inspirateurs.

Nous reproduisons ci-dessous cette interview, avec l’aimable autorisation de l’auteur et de Paysans et Société.

Paysans & Société: Est-ce que les épizooties nous apprennent quelque chose sur les pandémies humaines ?
Bernard Vallat : Les méthodes de prévention et de contrôle des épizooties animales sont applicables aux pandémies humaines. Les stratégies de vaccination, d’isolement des malades et des contacts et de désinfection sont similaires. Ce qui change, dans certaines situations et en l’absence de vaccin efficace, c’est le recours à l’euthanasie des animaux malades et de ceux qui ont été en contact avec eux. Chez l’homme, la variole a pu être éradiquée à partir d’un vaccin issu du virus de la vaccine, une maladie infectieuse bénigne qui frappe les bovins. À ce jour, la variole est la seule pandémie humaine à avoir été complètement exterminée. Cela démontre que l’expérimentation chez l’animal est essentielle pour vaincre les pandémies humaines.

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viandeL’industrie de la viande est en désaccord avec le projet de loi du gouvernement sur le travail détaché en abattage-découpe.
Le gouvernement allemand vient d’arrêter son projet de loi sur le contrôle du travail dans l’industrie de la viande en Allemagne. Le ministre SPD du travail, Hubertus Heil, annonce la fin des contrats de travail détaché dans l’industrie de la viande, et des sanctions renforcées.

Ce projet de loi contient d’autres dispositions de droit du travail, mais sa disposition centrale interdit l’emploi de personnel étranger à l’entreprise dans les secteurs de l’abattage et de la découpe. L’exploitant de l’abattoir est responsable de tous les salariés de ces secteurs clés.

La loi serait valable pour les contrats de détachement à partir du 1/1/2021. En sont exceptées, les entreprises artisanales du secteur viandes de moins de 50 salariés. Les pénalités seraient doublées et iraient jusqu’à 30 000 €.

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mancha 2Ce breuvage de laboratoire, c’est déjà un crime que de l’appeler vin. La branche viticole espagnole est secouée par un nouveau scandale à Valdepeñas, dans la province de Ciudad Real, au sein de la communauté autonome de Castille-La Mancha.

Selon les médias espagnols, la Gardia Civil a arrêté des participants à un réseau de 60 sociétés diverses des Pays-Bas, d’Autriche, de Belgique, de France, de Moldavie et de Russie. La fraude porterait provisoirement sur 42 mio de litres de vins et de distillats faussés, d’une valeur supérieure à 100 mio €.

Au centre de l’action, il y aurait divers producteurs de Ciudad Real. A partir de là, le réseau agissait en Europe, en particulier en s’approvisionnant en isoglucose en Belgique et aux Pays- Bas, comme ersatz de moûts pour fabriquer leur faux vin.

L’isoglucose est issu de maïs, de blé ou de pommes de terre, et coute la moitié du prix du concentré rectifié de moûts de raisin, et il est obtenu bien plus rapidement. L’alcool rectifié nécessaire aux faussaires provient également des Pays-Bas. Dans les bodegas, il y eu également additions de sous-produits chimique de distillation, substances que l’on trouve également dans le vin.

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Klockner DenormandieJulia Klöckner, la ministre allemande (ici avec Julien Denormandie) ne se fait guère d’illusion : la réforme de la PAC risque d’être beaucoup plus agitée que ne le laisse penser le récent accord au Sommet sur le budget. 

L’accord de Bruxelles des chefs d’Etat et de gouvernement est financièrement un bon accord pour le budget agricole et pour l’agriculture, en dépit des précautions oratoires prises pour ne pas le reconnaitre aussi clairement. Mais il ne règle pas, au contraire même, la question clé pour la future politique agricole commune, à savoir son architecture verte.

Il faut d’abord que cet accord au sommet passe au moulinet du Parlement européen, qui aimerait bien faire valoir sa prééminence démocratique par rapport aux autres institutions européennes. Il a déjà annoncé son insatisfaction devant le sort réservé dans cet accord aux crédits de recherche, de santé, de protection du climat et de l’environnement. Il est peu probable que des attaques sur le budget retenu pour l’agriculture trouvent une majorité au Parlement européen, mais il est certain qu’il y aura un soutien renforcé au conditionnement des financements agricoles.

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