matinquaimC’est ce que vient de rappeler Herr Doktor Matin Qaim, professeur de l’Université de Göttingen, spécialiste réputé de l’alimentation et de la faim dans le monde.

Qaim est membre de plusieurs conseils supérieurs consultatifs du ministère de l’agriculture, conseiller de l’Académie papale des sciences et titulaire de la distinction rare de Fellow of Agricutural & Applied Economics Association (AAEA) aux USA. Il était récemment l’invité à l’assemblée générale d’Agravis, à Hanovre, le second « mastodonte » coopératif allemand de l’approvisionnement et du stockage.

Il a commencé par surprendre son auditoire en affirmant que jusqu’à présent le changement du climat n’a pas été globalement défavorable de la productivité agricole. Il y a des régions qui profitent du changement de climat, comme par exemple la Sibérie. Les augmentations et les diminutions de productivité se compensent jusqu’à présent. Mais cela changera bientôt. A peu près, 70 % des études prospectives arrivent à la conclusion que d’ici 2050 il faudra s’attendre à des baisses de productivité de 10 à 25 %.

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Baumann Werner BayerDouche froide pour Werner Baumann (57 ans), le patron de Bayer : l’assemblée des actionnaires lui a refusé le quitus de sa gestion à 55,5%, alors qu’il avait recueilli un confortable 97% l’an passé. La direction a tenté par tous les moyens de justifier la reprise de Monsanto, de mettre en avant certains bons résultats et réaffirmer que le glyphosate ne présente pas de danger, mais rien n’y a fait et les actionnaires ont sanctionné.

Avertissement sans trop de frais, puisque de son côté le conseil de surveillance a renouvelé sa confiance au conseil d’administration avec un vote à 66,5% des voix. Herr Baumann reste donc à son poste, mais c’est quand même un sérieux revers pour sa politique. Ça ne va pas plus loin pour le moment parce que personne ne souhaite le chaos. Mais dans un groupe allemand, un dirigeant qui fait moins de 90% de vote favorable dans l’actionnariat n’a pratiquement plus aucune chance de faire de vieux os.

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BiofachLe salon Biofach 2019 qui s’est tenu à Nüremberg du 13 au 16 février dernier a recensé plus de 2.900 exposants et 50.000 visiteurs venus de 129 pays, ce qui en fait la manifestation mondiale de pointe de ce secteur des produits bios.

En Allemagne même, le nombre d’exploitations agricoles bios a augmenté de +6% en 2018, et les surfaces exploitées ont progressé de +8%. Cette évolution positive est intéressante mais il est clair que ce qui attire l’attention des observateurs est la forte implication des grands distributeurs dans cette nouvelle filière, à l’exemple de Lidl avec Bioland et de Kaufland avec Demeter.

La question brule maintenant les lèvres de tout le monde : quelles vont être les conséquences de cette main-mise de la grande distribution sur les débouchés des productions bios et, par un inévitable ricochet, sur les producteurs bios aux mêmes ? Or de l’avis général, il est à craindre que les effets ne soient pas si positifs que cela !

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farmersfamilyLe taux de suicides chez les agriculteurs américains est à peu près le double de celui de la moyenne de la population. Au moins, car les organisations professionnelles dénoncent le fait qu’on fasse souvent passer des suicides pour de simples accidents. Mieux : dans certains grands Etats agricoles, la statistique ne prend même pas en compte le fait qu’il s’agisse d’agriculteur ou non.

Farm Aid une organisation de soutien aux familles agricoles, indique que les appels des fermiers ont augmenté de 30 % depuis 2018, ce qui est à la fois un signal de difficultés dans les exploitations et d’un danger psychologique et social. CDC (US Center Disease Control), explique cette situation par les bas prix agricoles et surtout par l’endettement élevé des exploitations.

Dans les organisations professionnelles, on constate des analogies avec les années 80, quand beaucoup de farmers étaient plongés dans des problèmes graves pour maintenir des exploitations familiales transmises de générations en générations. Dans ces années 80 l’agriculture américaine a subi la plus forte des crises. Les prix ont chuté, l’endettement a augmenté, les taux d’intérêts ont doublé du jour au lendemain, et beaucoup d’exploitations ont dû être liquidées.

Selon les organisations de farmers, la situation financière actuelle dans les exploitations ne dépend pas uniquement des prix des produits bruts agricoles, ou des conditions climatiques extrêmes. Une partie des problèmes vient aussi de la surestimation des possibilités économiques de certaines exploitations.

Or la génération des 40 /60 ans restée à la ferme est maintenant dépendante des attentes de membres de la famille qui ne sont plus dans les exploitations. Ces membres de la famille veulent le maintien de l’exploitation, bien qu’ils n’y participent plus, et n’ont guère de vue sur son fonctionnement réel. Souvent les farmers ont racheté les parts familiale en endettant leur exploitation, et les dettes auxquelles il faut faire face les mènent à la ruine.
Ces achats de parts se sont renouvelés à chaque génération, et finalement la génération restante doit endosser la fin de l’exploitation, et faillir aux yeux de tous

Ce ne sont donc pas uniquement les mauvais prix qui sont en cause mais aussi l’endettement vis-à-vis de la famille. Les Américains voient dans cet endettement une cause importante des suicides : l’agriculteur désespéré et acculé à la faillite ne supporte pas de passer pour le raté de la famille. AM

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François Landrieu

Fondateur de Socopag

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