Un cyclone a détruit 1/3 de la récolte, les prix ont déjà décuplé depuis 3 ans.

madagascar vanilleLes prix étaient déjà à 500 $/kg avant que le cyclone Enavo ne sévisse le mois dernier dans le Nord de Madagascar, et ne vienne détruire le tiers de la récolte de l’île. Madagascar est le plus grand producteur mondial de vanille. Elle fournit 4/5 èmes des besoins mondiaux avec sa vanille-bourbon.

Il n’y a pas de cotation en bourse, les volumes sont trop petits mais les prix ont encore grimpé de 10 % en moins d’un mois, et passeront rapidement les 600 $ /kg. On estime que 30 % des cultures, près de 11 000 ha, ont été détruits, soit environ 600 t de récolte potentielle.
Ces plantations n’en seront remises que dans deux ou trois ans, c’est le délai néc essaire pour que cette orchidée grimpante puisse être récoltée. Le Sud a été épargné, mais le Nord de l’île, qui a été touché, fournit plus de 50 % de la récolte nationale.

De 2000 à 2013, le prix du kg était à 15 $ en moyenne. Cela a conduit à des abandons de culture. Il faut rappeler que la fleur de vanille ne s’ouvre qu’un seul jour dans l’année pour permettre la fécondation manuelle. Cette opération représente plus de 50 % des coûts de production. On peut penser que la situation de pénurie et la montée des prix vont conduire à une plus grande utilisation d’arômes de synthèse dans le secteur de l’industrie alimentaire.

Mais c’est justement l’augmentation importante de la demande de vanille naturelle, qui a produit l’explosion des prix à partir de 2013. Dans la gastronomie, mais surtout dans les grands groupes alimentaires internationaux, on avait décidé de repasser à l’utilisation de la vanille naturelle, notamment dans le secteur des produits laitiers, pour des raisons évidentes de qualité et d’image des produits commercialisés.
La production de vanille naturelle n’a pas pu réagir assez rapidement à cette demande. De plus, mauvaises récoltes, spéculations et peur des vols s’en sont mêlés. On a même assisté à une certaine détérioration de la qualité, à la suite de récoltes précipitées, insuffisamment mûres et moins aromatisées.
Rappelons que Madagascar est l’un des pays les plus pauvres du monde, avec 23 Mio d’habitants dont 200 000 dépendent directement de la vanille. Elle produit de 1500 à 2 000 t de vanille par an, selon les récoles. La vanille fait 5 % de son PIB.
La vanille est, derrière le safran, la deuxième épice la plus chère du monde

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François Landrieu

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