Main d’œuvre agricole sous emprise mafieuse, surexploitée, sous payée. L'Espresso dénonce,la justice enquête.

sicile1La justice italienne veut intensifier la lutte contre le « Caporalato », l’exploitation des travailleurs au noir dans les champs. Des contrôles importants ont eu lieu dans le Sud italien, dans des régions où les travailleurs étrangers, d’Europe de l’Est ou d’Afrique, sont traités comme des esclaves.

L’hebdomadaire « L’Espresso » a publié dernièrement un rapport sur l’exploitation de main-d’œuvre féminine roumaine dans les plantations de tomates de la province de Raguse, où règne la Stidda, une organisation criminelle et mafieuse plus ou moins scissionniste de la Cosa Nostra. Ces femmes sont traitées dans des conditions inhumaines. Selon ce magazine l’exploitation, les viols, et la prostitution règnent dans les champs de Raguse, et des centaines de femmes se sont fait avorter. Les roumaines sont logées dans des camps de baraques de fortune, dans des garages, ou des hangars. Pour ces logements elles laissent une grande part de leur salaire.

Depuis octobre dernier, une loi punit l’exploitation inhumaine de main-d’œuvre dans les champs d’une peine allant jusqu’à 6 mois de prison. Des pénalités de 500 à 1000 € pour chaque travailleur au noir sont prévues.

En cas de menaces ou de sévices, cette pénalité passe à 2 000 €. Des dommages et intérêts sont prévus pour les victimes. Les politiques saluent cette loi et demandent l’extension des contrôles en agriculture par les Carabinieris. Mais pour cela il faudrait aussi obtenir la collaboration des communes, qui n’ont guère envie d’entrer en conflit avec la Stidda - quand les élus eux-mêmes n’en font pas parfois partie…

A propos de Raguse : souvenons-nous un instant d’Auguste-Frédéric-Louis Viesse de Marmont, fait par Napoléon duc de Raguse en1808, maréchal d'Empire en1809, mais qui trahit l’Empereur pour le Roi, qui le fit pair de France en 1814. Fidèle serviteur de Charles X, il fit tirer sur la foule pendant la Révolution de Juillet en 1830 avant de l’accompagner en exil, et mourut à Venise en 1852

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François Landrieu

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