BorchertLe chiffrage du plan conçu par le groupe d'experts réuni sous la présiddence de l'ancien ministre Jochen Borchert vient d’être publié : ça couterait entre 3 et 4 Mrds € par an jusqu’en 2040 – et encore, certains estiment que ce total est sous-évalué.

Pour ce prix-là, on financerait les investissements de reconversion des étables et porcheries allemandes, ainsi que la prime de bien-être animal à payer aux éleveurs.

Ces coûts devraient être couverts soit par une taxe spéciale (40 cents/kg) sur la viande, mais de préférence par une augmentation de la TVA sur les produits animaux de 7 à 19 %... du moins si l’on veut parvenir à une compensation à 100%, irréalisable par le simple biais du marché.

Il n’y aucune opposition du côté agricole, au contraire une revendication de mise en application immédiate. 

Rappelons que ce plan propose trois niveaux de bien-être animal à atteindre dans les élevages.

À chaque niveau, il faudra plus de place par animal, plus d’accès à la lumière, au climat extérieur et à des parcours.

Pour passer d’un niveau à l’autre, l’augmentation de surface par animal peut être de +50 % et les couts peuvent augmenter de +25 %. La commission Borchert a tout simplement repris des propositions antérieures pour le bien-être animal, les a organisées en niveaux et en étapes.

Quant aux prévisions pour 2040 qui ont été retenues par cette commission, elles laissent pantois. D’ici 2040, des 18.000 éleveurs de porcs actuels ne resteraient que 3.000 à 4.000 ; et des 60.000 élevages laitiers, on tomberait entre17.000 à 20=.500, selon les scénarios établis par les chercheurs.

la publication de ce plan et de son chiffrage les politiques tournent autour du pot, et se gardent bien de positions tranchées. A quelque mois des élections, ils ne peuvent que rester solidaires des éleveurs, et souhaiter des prix rémunérateurs à la production.

Seule la ministre de l’agriculture Julia Klöckner a prononcé une formule puissante, et surtout explicite : « Il n’existe pas de droit à la viande pas chère ! » Car la réduction des cheptels aura des conséquences sur toute la chaine de valorisation, ce dont personne ne parle, bien entendu. Or les augmentations de surface se feraient le plus souvent par des diminutions de cheptels !

Le chiffrage garde un silence remarquable sur les conséquences en aval d’une réduction de la production, et n’évoque même pas le devenir des chaines de valorisation en cas d’insuffisance des offres. Pas de référence à l’UE et aux concurrents sur les marchés non plus, ce qui étonne un peu de la part de l’administration allemande.

Au bout du compte, le seul avantage du plan est de faire comprendre à tout le monde qu’il va falloir payer d’une manière ou d’une autre cette reconversion écologique revendiquée à grands cris par la société. On peut même se demander si ce n’est pas son véritable objectif face à la contestation forcenée en Allemagne contre les élevages dits industriels.

Quelle sera la réaction de la distribution ? Celle-ci a reconnu encore récemment que les opérations de promotion à prix barrés leur permettaient d’écouler jusqu’à 30% de marchandises en plus, il y a donc des besoins théoriques. Mais on peut vraiment se demander si des plans comme celui de Borchert ne visent pas tout simplement à réduire la production de viandes. Un objectif qui est de toute façon poursuivi à travers le resserrement permanent des règles de construction et d’émissions des élevages.  AM

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François Landrieu

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