ukraine 6L’agriculture ukrainienne lutte actuellement pour sauver les volumes actuellement en stock de la récolte de l’an passé, auxquels s’ajoutent les tonnages de la récolte en cours, à quoi il faut ajouter la nécessaire préparation des prochains ensemencements. Tout cela avec des pertes dramatiques sous le feu de l’armée russe et avec des contraintes de blocus en Mer Noire.

Malgré tous les dangers, les travaux agricoles se poursuivent actuellement. Mais il n’est pas facile de rétablir les capacités de stockage détruites ou de les augmenter, jusqu’à l’entrée effective de l’accord avec les Russes sur l’ouverture de la voie maritime d’exportation.

En dépit d’un premier et jusqu’à présent seul bateau autorisé à sortir du port d’Odessa, la voie terrestre par route ou par fer reste pour le moment la seule praticable, et là aussi ce n’est pas sans risque de bombardements ou de mitraillages.De toute façon, ça bloque aux frontières car les pays voisins ne sont pas équipés pour traiter l’arrivée de tels volumes.

 

Du côté ukrainien, on continue à douter du fait que la Russie de Poutine veuille réellement respecter l’accord récemment conclu. Par contre, personne ne craint vraiment qu’il s’agisse d’un cheval de Troie pour envahir Odessa, bien défendue.
Actuellement on stocke des céréales dans des tuyaux-containers en plastique, en utilisant en même temps des installations mobiles de chargement et de déchargement. La construction ou reconstruction de silos dure trop longtemps.

Mais ces plastiques doivent maintenant être importés d’Inde ou d’Argentine, le seul producteur national près de Kiev ayant été bombardé. Les agriculteurs ont perdu du revenu avec la récolte précédente, et les prix ont chuté. Ils n’ont donc que peu de marge pour des investissements. Certain ont des réserves, d’autre dépendent des aides gouvernementales. Dans ces conditions, le financement de la prochaine récolte parait difficile

La reprise plus ou moins normale des exportations par voie maritime est donc urgente. Dans le secteur agricole ukrainien on discute beaucoup de transformations sur place, qui permettrait d’augmenter sensiblement les capacités de stockage. Mais les risques immédiats paraissent considérables. En Ukraine comme en UE, on s’interroge sur les motifs réels qui ont conduit la Russie de Poutine à concéder une voie maritime d’exportation des céréales ukrainiennes.

En réalité, c’est d’abord un motif de protection des recettes agricoles russes, dans une économie de guerre basée essentiellement sur des matières premières. On annonce une récolte russe de céréales de 90 Mio t, dont il faudra exporter environ 42 Mio t. Les exportations russes actuelles, sont nettement inférieures à celle de l’année passée, et les prix du côté russe de la Mer Noire ont nettement chuté.

La Russie a besoin d’exporter ses céréales. Cet accord a été conclu juste avant la tournée africaine de Sergej Lavrov, durant laquelle il a accusé l’Ouest de provoque la crise alimentaire par ses sanctions. Les USA et l’UE rappellent que les céréales et les engrais ne sont pas directement touchés par les sanctions. AM

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François Landrieu

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