merkel 18Ça n’arrive pas tous les jours : Didier Guillaume a été soutenu par 16 de ses collègues ministres du Conseil agricole pour demander aux chefs d’Etat et de gouvernement de refuser les baisses du budget agricole à partir de 2020.

La ministre allemande Julia Klöckner est d’accord avec cette position, mais ne peut pas la soutenir. Pourquoi donc ? Brexit ? Grande coalition allemande ? Inquiétudes économiques berlinoise ? Soyons clairs : c’est à cause des positions de la chancelière Merkel !

Rappelons que Julia Klöckner, ministre allemande de l’Agriculture, avait adressé une lettre au ministre des Affaires étrangère Heiko Mas (SPD), pour protester contre le maintien de la position gouvernementale à 1 % du PIB de la contribution étatique au budget européen, malgré les engagements pris dans le contrat de gouvernement de la grande coalition. AM

Le Parlement européen s’est prononcé pour une contribution des Etats aux futurs budgets européens de 1,3 % PIB, contre 1,01 % actuellement, et pour le maintien des dotations du budget agricole et de celui du Fonds de cohésion. La Commission européenne s’était prononcée pour 1,114 % de contributions des Etats à partir de 20121. Les bloqueurs du plafond de contribution se trouvent à La Haye, à Stockholm et surtout auprès du poids lourd Berlin

La vérité est que Merkel ne veut pas mettre plus de moyens pour boucher le trou laissé par le Brexit dans le budget agricole. Elle veut plus de budget pour la recherche, la digitalisation, la défense, le contrôle des frontières et les migrations, l’Afrique, et la jeunesse. Mais l’agriculture est à un rang secondaire de ses préoccupations actuelles la Chancelière, qui ne se représentera plus aux élections et qui n’ a donc plus les mêmes délicatesses avec l’électorat rural.

Son amie Ursula von der Leyen veut des financements nouveaux pour le Green Deal afin de rendre l’UE climato-neutre en 2050. Mais elle tente d’attendre la présidence allemande au second semestre 2020 pour soutenir l’UE avec de l’argent frais venant d’Allemagne, donnant ainsi meilleure allure à sa fin de mandat.

Ce faisant elle court le risque d’un collapse financier européen au tournant des périodes de programmation financières européennes, malgré les discussions sur l’année de transition. Et elle fait mine d’oublier que l’Allemagne gagne quelque 120 Mrds €/an par le marché intérieur européen. Elle reporte en outre les pilules amères pour les uns ou les autres

Pourtant le Commissaire européen allemand, Günther Oettinger (CDU), parle sans détour, lui qui passait en Allemagne pour l’homme qui parle plus vite qu’il ne pense, avant que Mme Merkel ne le place à Bruxelles.
Il demande aux chefs d’Etats et de gouvernement pour le prochain Sommet, une décision pour combler le trou du Brexit de 84 Mrds € pour les prochaines 7 années, de 2021 à 2027, dont 12 Mrd dès la 1ère année.

Les propositions de la Commission sont de -5 % sur le budget agricole et de -7 % sur celui du fonds de cohésion. Oettinger considère ces diminutions comme adaptées et défendables - rappelons qu’au début on parlait de -30 % sur le budget agricole. C’est le veto de Hogan qui a enterré cette intention, l’on est passé à un financement du trou pour moitié par des économies, et pour moitié par des contributions nouvelles des Etats avec de l’argent frais.

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François Landrieu

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