johnsonNombre d’observateurs estiment que la date du 31 octobre sera à peu près impossible à tenir, sauf à courir à la catastrophe. Boris Johnson ayant été élu président du Parti conservateur (92 153 voix contre 46 656 à Jeremy Hunt) c’est donc lui que la Reine a nommé Premier ministre au10 Downing Street, en remplacement de Theresa May. Le nouveau premier ministre s’est empressé de garantir que la Grande-Bretagne serait sortie de l’UE pour le 31 octobre, avec ou sans accord européen.

Mais l’agriculture britannique veut, elle, un accord de sortie avec l’UE. Des responsables professionnels importants ont demandé à Johnson, au cours de la période pendant laquelle il a exposé son « plan », de se concentrer sur la stabilité et d’éviter des « attitudes de politiques populistes ». 

La présidente de la NFU (National Farmers Union), Minette Batters a déclaré : « Nous avons l’occasion de développer une nouvelle politique agricole qui fonctionnera pour la Grande-Bretagne, et qui apportera un avenir durable, vivant, et compétitif à notre agriculture. Mais un accord avec l’UE reste indispensable pour maintenir la liberté des échanges avec notre voisin le plus proche, qui est aussi notre plus important partenaire commercial, ainsi que pour maintenir l’accès aux personnes qui viennent travailler dans nos fermes ».

Pour Farmers Union of Wales, un no-deal Brexit serait une catastrophe. Son président Glyn Roberts veut voir directement Johnson pour lui présenter les problèmes qui, dans ce cas, attendraient l‘agriculture. « Nous sommes absolument certains qu’aucun gouvernement britannique ne peut accepter que la Grande-Bretagne quitte l’UE sans un accord. Pour nous il y aurait des conséquences graves pour les agriculteurs, les communes rurales et pour bien d’autres branches de l’économie britannique », vient-il encore de déclarer.

NSA, National Sheep Association, veut également de la stabilité. Son président Phil Stocker estime que ce n’est pas le moment de faire des promesses précipitées pour « montrer ses muscles politiciens ». Pour le secteur ovin, il est « désespérant » de voir Boris Johnson ne pas vouloir éviter un Brexit-dur, une sortie non-organisée de l’UE. « Nous savons que nous entrerions dans des tumultes commerciaux, s’il n’y avait pas suffisamment de temps pour des options alternatives » insistent les éleveurs ovins.

Bref : Boris Johnson en tient officiellement pour le Brexit dur, Bruxelles refuse de nouvelles négociations. Et l’opposition britannique est à l’affut, prête à demander un vote de défiance. Le 31 octobre, dit-on à Londres, est aussi peu certain que tout le reste…

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François Landrieu

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