autricheLa production augmente vite, les débouchés plafonnent, les prix vont baisser. La filière a des doutes...

Les tenants de l’agriculture biologique, les militants environnementaux et même les rresponsables politiques se félicitaient encorer récemment de la rapide croissance du secteur bio, nombre de producteurs et surfaces exploitées en bio. Les Autrichiens se félicitaient surtout de la part importante du bio dans la production laitière.

Mais des doutes sont en train de monter partout. Les débouchés bios continuent à augmenter en effet, mais dans les grands produits agricoles, la production augmente beaucoup plus vite. Partout les prix sont sous pression, car beaucoup de producteurs se sont reconvertis au bio ces dernières années, et leur production va encore arriver en plus sur les marchés.

Depuis 2010, les surface en bio ont augmenté dans ce pays de 146 % en passant de 157 432 à 267 477 ha. Et quasiment +30 000 ha rien que pour cette année. C’était le dernier délai pour se reconvertir dans la période budgétaire européenne actuelle. On se demande s’il ne vaudrait pas mieux attendre une application de la nouvelle prériode budgétaiere dans deux ou trois ans.

Il faut relever aussi que des pays importateurs de produits bios autrichiens, comme l’Allemagne, ont également développé leur propre production et que, dans ce pays, les chaines de distribution orientent maintenant leurs soutiens et leur marketing vers les produits dits « régionaux » et non vders le bio.

Pour la production laitière, l’âge d’or du bio se termine. De plus en plus de laiteries aurichiennes refusent d’accepter de nouveaux livreurs bios, et tentent ainsi de maintenire les prix.

Ce qui n’empêche pas des élus politiques, dans les Länder, de vouloir imposer d’en haut le bio à tous, comme au Burgenland par exemple. La part du lait bio dans la procduction laitière totale du pays est de 19 %, et cette production a augmenté l’année dernière de +10 %.
En céréales ausi la pression est particulièrement élevée. La surface en céréales bios est actuellement de 263 000 ha, en augmentation de 23 000 ha cette année, c’est-à-dire autant que durant les deux dernière années réunies.

RWA Raiffeisen Ware Austria parle d’un effet de saturation. Il y avait en juin 145 000 t en stock, en augmentation de +50 %. Il existe du coup non seulement un problème de prix, mais également de stockage, y compris pour la marchandise provenant des exploitations en reconversion et non encore classée bio.

On craint des baisses massives pour cette récolte, on évoque déjà des prix à moins de 300 €/t pour le blé. En deux ans le prix a chuté de 28 à 30 %, et de la marchandise bio a dû être exportée sur le marché mondial, parfois même en conventionnel.

Dans les organisations bios, on parle d’un marché de distribution qui a basculé en marché de vente. Elles essaient de calmer le jeu, en estimant que leurs potentialités à l’exportation sont encore bien réelles, notamment vers les pays européens voisins qui n’ont pas encore le niveau de production bio de l’agriculture autrichienne. AM

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François Landrieu

Fondateur de Socopag

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