fleischcongressLe Congrès allemand de la Viande (Deutscher Fleisch Kongress), qui s’est déroulé les 21 et 22 novembre dernier à Mayence avec la participation du grand journal professionnel AFZ, a souligné les vagues de crises qui assaillent l’industrie du secteur depuis quelques années. Le premier secteur de l’économie alimentaire allemande souffre de la crise économique générale qui s’est aggravée dernièrement en Allemagne, mais aussi de celle de l’inflation et de la baisse de consommation, des problèmes de livraisons et des couts de production. Les leaders du secteur, Tönnies et Westfleisch, ont déclaré devant le Congrès de la Viande à Mayence les 21 et 22 novembre derniers qu’ils ne comptent plus sur une croissance quantitative. Tous leurs efforts sont maintenant tournés vers une croissance qualitative pour assure la production agricole en Allemagne. Cette option semble converger avec les attentes des consommateurs, notamment de la part plus soucieux de bien-être animal dans la société allemande. Le congrès de Mayence a réuni une participation record.

Pourtant en nominal, la situation des 100 premières entreprise viandes n’était en apparence pas si mauvaise en 2022, puisqu’elles ont augmenté leur chiffre d’affaires de +11,26 % à 45 Mrds €. Mais ce chiffres cache un retard de 3 points sur l’augmentation des prix, car aux tendances déjà anciennes en Allemagne, se sont ajoutées la guerre en Ukraine et la pandémie qui ont poussé le prix de la viande en 2022 à +14,6 %. On estime que 75% des entreprises sont restées avec leur croissance sous l’inflation dans la branche. On discute de plus en plus alliances et coopérations, et l’on commente le fait que 30 % des entreprises du secteur envisagent des fermetures ou des fusions. La branche reste aussi, selon le Congrès, sous les coups des ONG, des médias et de la politique. Bref l’ordre du jour était à une cure d’amaigrissement généralisée…

D’autre part, on relève que les discounters travaillent d’arrache-pied à l’amélioration des qualités. La compétition sur les prix n’est plus l’alpha et l’oméga de la concurrence. L’industrie de la viande doit anticiper sur les évolutions, et cesser la course aux volumes.

Une recommandation parmi d’autres : développer le 5D. C’est une certification des origines allemandes de toute la filière : naissage, élevage, engraissement, abattage-découpe, transformation. Pour appuyer cette orientation, une nouvelle communication de la branche est en préparation. Elle mobilisera des dizaines de millions d’euros collectés auprès des entreprises. La date de lancement n’est pas encore arrêtée.  

Ndlr : L’expression 5 D n’est pas totalement innocente en Allemagne. Pour encore beaucoup d’Allemands, elle évoque les fameux 5D imposés par les Alliés à l’Allemagne défaite : Demilitarisierung, Dezentralisierung, Demokratisierung, Demontage und Denazifizierung. Inutile de traduire.

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François Landrieu

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