mercosur 2Effet induit du changement politique intervenu au Brésil avec l’élection du président Lula : la relance les négociations entre l’UE et les pays du Mercosur.

Ces négociations n’avaient en réalité jamais été abandonnées par la Commission européenne, malgré les oppositions de certains Etats membres, y compris avec menaces de non-ratification.

Soyons clairs : ce n’est pas une bonne nouvelle pour les éleveurs bovins européens, et singulièrement français.

Rappelons l’étude sur les conséquences d’un accord, selon l’étude effectuée par London School of Economics and Political Science, peu suspecte de protectionnisme. Elle avait fourni des chiffres éloquents pour la viande bovine dans son étude dite de durabilité des conséquences d’un accord avec Mercosur.

 

La poursuite des négociations a été confirmée au Parlement européen par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, le Commissaire au Commerce, le letton Valdis Dombrowski (52 ans), et le président de la commission des finances du Parlement européen.

On le sait bien : il n’y a jamais que des bénéficiaires dans ce genre d’accord de libration des échanges.

La Commission européenne attend d’un accord des avantages géostratégiques, et des avantages économiques, pour l’industrie de l’automobile notamment. Un accord pourrait atténuer les conséquences de la pandémie et de la guerre en Ukraine, tout accélérant la reconversion vers plus de durabilité, sans oublier la participation à stabilisation des prix à la consommation.

L’étude de London School of Economics and Political Science à balisé les conséquences pour l’un des sujets essentiels, l’élevage bovin en UE et dans les Etats du Mercosur : Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay.

Les scientifiques ont examiné un scénario dit « conservateur, et un autre plus ambitieux. Dans le premier, ils ont admis que pour 80 % des produits agricoles les droits de douanes seraient supprimés par les Etats Mercosur.  L’UE baisserait dans ce scénario ses droits de douanes sur la viande bovine de 15%. Ils ont également examiné les conséquences d’une baisse de 15 % sur d’autres viandes, sur le sucre, le riz, les céréales et le lait.

Dans le scénario « ambitieux » ils sont partis d’une suppression totale sur les produits agricoles dans le pays du Mercosur, et pour l’UE d’une baisse de 30 % sur la viande bovine, le sucre, et le riz, ou totalement pour le lait et les céréales. 

Ces scénarios ont indiqué que les importations de viandes bovines en UE augmenteraient de +30 % dans l’un des scénarios et de +64 % dans l’autre. La production de viandes bovines européenne chuterait encore de plusieurs points. Les exportations laitières UE augmenteraient de +91 % ou de +124 % selon le scénario. 

D’une manière générale, les auteurs de l’analyse relèvent aussi que l’UE a établi des droits de douanes très élevés sur la viande bovine, beaucoup plus que sur d’autres produits. Mais comme la viande sud-américaine est considérée comme de haute qualité, les Etats du Mercosur arrivent à exporter tout de même en UE de grandes quantités. Le prix du kg au Mercosur est en moyenne plus élevé qu’en UE.

En UE une grande partie de la viande bovine vient de vaches laitières de réforme, alors qu’en Amérique du Sud, les races à viande dominent. Les Etats du Mercosur sont depuis longtemps les fournisseurs de viandes bovines de l’UE. Ils le sont devenus aussi pour la Russie, la Chine et l’Egypte, pays vers lesquels ils exportent souvent plus qu’en UE. Par ailleurs, la consommation de viande augmente en Mercosur, alors qu’elle est en diminution dans l’UE.

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François Landrieu

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