Kl RuJulia Klöckner et Joachim Ruckwied doivent bien le constater : entre eux, la lune de miel est terminée.

Le DBV organise traditionnellement à la rentrée, à son siège de Berlin, ce qu’on appelle là-bas la rencontre du « regain », une discussion de rentrée à bâtons rompus après les chaleurs de l’été. Traditionnellement le ministère de l’agriculture y délègue un secrétaire d’Etat pour apporter ses salutations aux représentants professionnels et politiques présents. On mange un bout de gâteau, on boit une bière et on retourne à ses affaires.

Mais cette année Julia Klöckner est non seulement venue en personne, mais en plus accompagnée de tout un staff de son ministère. Il y en avait visiblement besoin. Les beaux jours des relations entre la ministre et le DBV, et son président Joachim Rukwied en particulier, semblent en voie rapide de disparition. AM

Les frustrations du syndicalisme face à une ministre tendue et décidée viennent de quoi et d’où, au fait ? De la politique agricole commune ? Non. Du Mercosur et des doubles standards appliqués ? Un peu, c’est vrai. Mais la situation s’est surtout dégradée en fonction des interventions politiques nationales dans l’agriculture, par le biais de ce fameux « paquet toxique » : transferts de crédits au second pilier PAC, label volontaire du Tierwohl, programme de protection des insectes avec l’annonce de la fin du glyphosate et de ses limitations en attendant l’échéance. Des dégâts irréparables selon le DBV, 3 Mio ha touchés, avec des pertes de 30 Mrds €.

Julia Klöckner a évoqué la main sur le cœur les échanges réguliers entre les deux « maisons », et elle a appelé ses « chers amis » à plus de loyauté dans les échanges. « Nous vivons des temps de ruptures et, mon cher Rukwied, on ne peut pas ignorer comment l’agriculture est perçus dans la société » leur a-t-elle dit. Certes, la ministre jure ses grands dieux qu’elle reste l’adepte des tables rondes et des recherches de consensus avec le syndicalisme. Mais ayant fait ces belles déclarations de convenance elle est rentrée au ministère avec son staff pour parfaire le « toxique » paquet national climat.

En réalité aucune des deux parties n’a abordé le fond de la brouille. La vérité, c’est que le DBV craint un abandon de la « cogestion » (ici on dit pudiquement la « coopération »), à l’instar de ce qui s’est passé progressivement en France aussi. En coulisse on peste contre un abandon de cette « coopération » au bénéfice de l’influence du ministère de l’Environnement. Sur les trois points du paquet toxique Julia Klöckner n’a plus écouté son cher Joachim, et s’est laissé séduire par les propositions d’une ministre écolo, même pas CDU. Impensable !

Les traditionnels liens du ministère avec le DBV sont donc clairement en cause. Et les déchets « toxiques » du paquet éponyme n’ont pas fini de percoler dans le terrain de la politique agricole allemande. AM

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François Landrieu

Fondateur de Socopag

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