commissionLa Commission européenne sortante vide apparemment ses tiroirs. Ces derniers jours, elle vient d’autoriser à l’importation une « rafale » de 7 OGM. Faisons le point…

Il y a maintenant 69 OGM différents, qui sont autorisés à l’importation en UE, c’est à dire pour l’utilisation dans l’alimentation animale et dans l’alimentation humaine. La dernière autorisation d’OGM en culture date quant à elle, de 1998. Pour d’autres demandes d’autorisations en culture, les évaluations scientifiques sont terminées depuis longtemps, et ces dossiers sont en attente depuis des années, à cause de blocages politiques. Ce double-jeu est soutenu par la France, l’Allemagne, ou l’Italie, en faisant en sorte qu'une majorité qualifiée de 55 % des Etat avec 65 % de la population ne puissent jamais être obtenue.

Sur 30 sojas OGM dans le monde, 20 sont autorisé à l’importation en UE. Sur 130 maïs OGM dans le monde, 93 sont autorisés à l’importation en UE (en tenant compte des sous-combinaisons). Sur 52 cotons OGM, 13 sont autorisés à entrer en UE ; et pour les colzas OGM, 5 sont autorisé à l’importation, sur les 30 mondiaux. Pour ces autorisations à l’importation, la durée totale de procédure peut être de 5 ans. Par voie détournée, la décision finale d’autoriser les importations incombe à la Commission européenne.

A la date d’aujourd’hui et en ce qui concerne les demandes d’autorisations d’OGM en culture, pour 7 d’entre elles, l’évaluation scientifique est terminée. La seule autorisation accordée date de 1998 pour le maïs MON 810, autorisation échue en 2007, mais toujours en vigueur du fait qu’une demande de renouvellement a été régulièrement déposée. Toutes les autres sont bloquées. 

Les entreprises et la recherche ont fini par se lasser. Les interdictions totales en culture ne sont pas possibles sans arguments scientifiques nouveaux. Mais là, la Commission refuse d’endosser le rôle du méchant, comme elle le fait pour les importations, pour lesquelles c’est plus discret, et tout simplement parce que l’UE ne peut pas renoncer aux importations d’OGM, qui sont courants, voire majoritaires dans les pays qui la fournissent.

Toutes les autorisations actuelles d’importer des OGM, et tous les blocages des OGM en culture, ont été décidés dans le cadre de cette procédure détournée, inadmissible. Le nouveau Parlement européen et la nouvelle Commission européenne mettront-ils fin à l’hypocrisie des rhétoriques politiques, voire politiciennes, qui encombrent ce dossier des OGM en Europe ? On ne pariera pas un kopeck sur un revirement de la nouvelle Commission en cette matière, compte tenu du poids désormais bien réel des tropismes « écolo » des opinions européennes. AM

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François Landrieu

Fondateur de Socopag

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