Pronostic ministre : Julia Klöckner

La partie agricole du contrat de gouvernement de la nouvelle grande coalition « Groko » contient deux propositions principales : consacrer 1,5 Mrd € de plus pendant la législature (2018/2021) pour le développement rural et l’agriculture ;

klockner 2la stratégie de minimisation de l’utilisation du glyphosate migre du ministère de l’agriculture à celui de l’environnement !
Sur tout le reste ce programme laisse une impression de catalogue de promesse tous azimuts, peu structurées, reprenant les controverses auxquelles on assite depuis longtemps en Allemagne

Le 1,5 Mrd € doit servir au développement rural, à la transformation des élevages, et à des méthodes alternatives de culture. Pour ce qui concerne la réforme de la PAC, les coalitionnaires visent un financement de cette politique au niveau de celui atteint. Ces financements européens doivent, à côté de la stabilisation des revenus, être mieux orientés vers la protection de l’environnement, des animaux, et du climat.

Dans les propositions plus détaillées on trouve pour les cultures, la promesse d’une stratégie globale pour les cultures et les aides correspondantes, l’annonce d’un programme d’innovation pour une lutte mécanique contre les mauvaises herbes, l’engagement d’augmenter le personnel des services d’agrément et de contrôle des produits de traitement, un renforcement de la recherche pour une gestion protégeant les eaux. La protection de la variété des espèces doit devenir une tache ministérielle transversale, avec un monitoring de la biodiversité.

En élevage un label de bien-être animal, à plusieurs étages, doit être mis en place pour le milieu de la législature. Plus de destruction de poussins mâles jusqu’en milieu de législature, et élaboration scientifique de procédés alternatifs de castration des porcelets. Les méthodes de réduction d’utilisation des antibiotiques sont à revoir. Les durées de transport d’animaux vivants sont à raccourcir. Les condamnations des effractions d’étable et porcheries seront renforcées. La production de lait à base d’herbe est prioritaire ; il faut des outils anti-crise laitières et une modernisation des contrats de livraison de lait. Concernant le loup, il faut avec la science, « développer une méthode de prélèvement létal » pour éliminer les loups qui sautent les haies de protection et deviennent dangereux pour les humains.

L’agriculture bio doit atteindre 20 % en 2030, et les pertes de SAU réduite à 30 ha /jour. En ce qui concerne les OGM leur interdiction doit être réglée au niveau national, et pour les nouvelles techniques génétiques on attend la décision de la Cour Européenne de Justice. Après cette décision, le principe de précaution et le libre choix doivent être respectés.

Il n’y a encore rien d’officiel mais on dit avec insistance depuis plusieurs jours que le future ministre fédérale de l’agriculture sera donc Julia Klöckner (45 ans), vice-présidente de la CDU. La CDU occupait ce ministère la dernière fois dans les années 90, avec Jochen Borchert de 1993 à 1998. Klöckner connait ce ministère, auprès duquel elle était secrétaire d’Etat de 2009 à 2011 avec Ilse Aigner CSU, au poste de ministre. Elle vient de mener pour le compte de la CDU, les négociations agricoles pour le programme de la nouvelle « Groko ».
Elle est originaire d’une famille viticole de Bad Kreuznach en Rhénanie-Palatinat. Elle a même été élue reine des vins d’Allemagne en 1995-1996.
Julia Klöckner a fait ses études à l’Université de Mayence pour obtenir une maitrise d’enseignement, spécialisée en théologie et éducation civique. Elle opta rapidement pour le journalisme en travaillant au magazine « Weinwelt » et comme rédactrice en chef de Sommelier -Magazine. Elle protège sa vie privée mais on la sait liée au manager de médias Helmut Ortner.
En 2009 elle entre en politique à travers les jeunes de la CDU et les organisations de féminines. Aux élections de 2016 elle voulait succéder à Kurt Beck SPD, à la tête du Land Rhénanie Palatinat, mais elle a été battue par Malou Dreyer, autre femme politique forte au SPDDepuis 2012 elle et vice-présidente de la CDU.
Avec Renate Künast et Ilse Aigner, c’est la troisième femme ministre allemande de l’agriculture.